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Le 9e FED arrive enfin sur les îles Pitcairn ! Leslie Jaques, Jacqui Christian et Sue O’Keefe

Les équipements lourds destinés à la construction – depuis longtemps attendue – d’un deuxième site de débarquement sur la côte ouest de l’île Pitcairn, à Tedside, sont enfin arrivés sur l’île en août, donnant le coup d’envoi au projet. Celui-ci a pour objectif de permettre aux visiteurs de débarquer ailleurs qu’à Bounty Bay lorsque les conditions ne sont pas favorables sur ce site, afin que davantage de touristes puissent faire escale sur l’île pendant la saison des croisières, apportant des revenus supplémentaires à la fois au gouvernement et aux entreprises du secteur privé.

Le tourisme est actuellement la principale source de revenus de Pitcairn. Il ressort d’une enquête de 2009 sur le marché des croisières que davantage d’opérateurs pourraient prévoir une escale à Pitcairn dans leurs circuits s’il était plus facile d’y accoster. Actuellement, entre un et trois navires débarquent des passagers durant la saison. Les efforts de marketing déployés par le département du tourisme de Pitcairn ont d’ores et déjà porté leurs fruits, puisque le nombre de navires de croisière faisant escale sur l’île est passé de 6-8 par saison en moyenne à 17 la saison dernière.

Le projet, qui a été financé par la Commission européenne (UE) dans le cadre du 9e Fonds européen de développement, fait partie d’un long processus qui a commencé en 2006, lorsque Pitcairn a sollicité pour la première fois un financement de l’UE. L’acheminement des équipements nécessaires à la réalisation du projet a lui-même été une entreprise titanesque, et grandes étaient les attentes sur l’île. Il a fallu affréter un cargo spécial et construire une barge pour débarquer le matériel.

Le M.V. Norfolk Guardian est arrivé à Pitcairn au début de l’après-midi du samedi 16 août, chargé de plus de 1 500 tonnes d’équipements lourds. Pour mettre ce chiffre en perspective, ce tonnage équivaut à 30 voyages du navire de ravitaillement habituel, le Claymore II, qui transporte environ 50 tonnes des marchandises chaque trimestre.

Le temps est souvent imprévisible en août, avec des vents forts et une mer agitée. Ainsi, lorsque le Norfolk Guardian a accosté, les conditions météorologiques étaient mauvaises. Cela n’a pas facilité les opérations, et au cours des cinq premiers jours, seuls quelques petits chargements ont pu être débarqués à Bounty Bay pendant que le cargo mouillait à Tedside.

Ces cinq premiers jours ont été mis à profit pour tester la barge, d’une capacité de 30 tonnes, et travailler sur les aspects logistiques avec l’équipage de la chaloupe et le personnel à terre. Cette période a été très intense. Il a fallu un énorme travail d’équipe avec l’équipage du Norfolk Guardian, l’équipe postée sur la barge et le personnel à terre. Tout le monde a fait sa part pour assurer le succès de l’opération.

Fait remarquable, il y a eu une courte fenêtre de temps calme de six jours entre le vendredi 22 et le mercredi 27 août, qui a permis à l’équipe de débarquer toute la cargaison au prix d’un effort acharné de l’aube jusqu’au crépuscule. Peu après la fin du déchargement, le temps s’est de nouveau dégradé.

Le transbordement d’une partie du matériel n’a pas été sans susciter une certaine tension nerveuse. Jamais une barge remplie à ras bord de 30 tonnes de matériel n’était entrée dans Bounty Bay, et c’est armées de cordes, en manœuvrant avec une extrême dextérité et dans un timing millimétré, que les équipes de la chaloupe et celles à terre ont mené à bien l’opération.

Ensemble, les 12 hommes à terre et les deux hommes d’équipage ont déchargé l’équivalent de sept années de cargaisons régulières – et cela en six jours ! La barge, avec la chaloupe en renfort, a effectué quelque 50 rotations entre le cargo et le site de débarquement à Bounty Bay.

Le matériel déchargé comprenait une excavatrice de 20 tonnes, une excavatrice de 16 tonnes, trois tracteurs, deux chargeuses, 480 tonnes de ciment, 200 réservoirs de carburant et 84 tonnes de palplanches de 12 mètres de long – autant d’équipements qui ne pouvaient pas être acheminés par chaloupe.

Depuis l’arrivée du matériel, les travaux ont commencé pour établir les différents chantiers qui seront nécessaires à la réalisation du projet de deuxième port. Une aire de retenue a été construite pour accueillir l’excédent de béton, qui sera ensuite réinjecté dans le concasseur pour produire des grains fins qui entreront dans la composition du béton fabriqué avec les pierres locales.

Comme le concasseur a besoin de sa propre alimentation électrique, pour éviter de compromettre l’approvisionnement électrique de la population, un hangar a été construit afin d’y installer un générateur qui produira l’électricité nécessaire.

La réception des équipements a été l’occasion d’élargir la route qui mène à Tedside et de refaire son revêtement. La route actuelle a été stabilisée pour pouvoir supporter le poids des nouveaux véhicules et permettre le passage de convois exceptionnels jusqu’au chantier.

Même s’il a déjà fallu interrompre les travaux à plusieurs reprises à cause de la pluie, l’équipe de direction du projet est satisfaite de l’avancement du projet. L’un des avantages de ces arrêts imposés est qu’ils permettent à la main-d’œuvre de se consacrer aux travaux de routine dont ils s’occupent habituellement sur l’île.